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La France et le classement PISA

le 14 12 2016

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Publiés fin 2016, les résultats de l’édition 2015 de l’enquête PISA placent la France au 27e rang des 72 pays participants aux enquêtes de l’OCDE (elle était 22e en 2009, 25e en 2012), au 21e rang si l’on ne considère que les 35 pays membres de l’OCDE. Le système d’éducation français apparaît plus inégalitaire en 2015 qu’il ne l’était en 2003. La France est un des pays qui réussissent le moins à atténuer l’impact du milieu socio-économique sur les résultats scolaires.

Les résultats de PISA 2015

Les tests du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) sont organisés tous les trois ans par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Depuis les années 1990, ils imposent une norme mondiale d’évaluation des systèmes éducatifs. 72 États et "économies partenaires" participent aux tests PISA (la Chine ayant intégré le programme en 2015). Les sciences sont le domaine majeur d’évaluation de l’enquête PISA 2015 (mathématiques en 2012, compréhension de l’écrit en 2009). Les domaines mineurs de l’enquête sont la compréhension de l’écrit, les mathématiques et la résolution de problèmes.

Publiés fin 2016, les résultats de l’édition 2015 placent la France au 27e rang des 72 pays participants aux enquêtes de l’OCDE (elle était 22e en 2009, 25e en 2012), au 21e rang si l’on ne considère que les 35 pays membres de l’OCDE.

Les résultats de la France en sciences et en mathématiques se situent dans la moyenne des pays de l’OCDE, tandis que la performance en compréhension de l’écrit est légèrement au-dessus de la moyenne. Les résultats montrent toutefois que la France favorise la réussite d’une élite, celle des enfants qui réussissent le mieux tandis qu’elle est de moins en moins capable de faire réussir les enfants les moins privilégiés. La ministre en charge de l’éducation a ainsi souligné que "la France est le pays du grand écart avec une école efficace pour une grande majorité de ses élèves mais qui ne parvient pas à faire réussir 20 à 30% d’entre eux".

L’enquête PISA met en évidence l’écart croissant entre les élèves français les plus forts et les élèves les plus faibles, cette évolution étant due à la dégradation des performances scolaires des élèves les moins bons. La France apparaît de moins en moins capable de faire réussir les élèves les plus fragiles et son école ; elle est en train de devenir duale, avec deux groupes extrêmes qui grossissent et s’éloignent. Le niveau socio-économique explique plus de 20% de la performance obtenue par les élèves de 15 ans, contre 13% en moyenne dans l’OCDE. Seuls la Hongrie et le Luxembourg se situent également à un niveau supérieur à 20%. En 2015, comme en 2006, 8% des élèves français se situent parmi les plus performants, alors que 22% figurent parmi ceux en difficulté. En France, près de 40% des élèves issus d’un milieu défavorisé sont en difficulté, soit une proportion supérieure à la moyenne des pays de l’OCDE (34%). Les élèves des milieux les plus défavorisés ont quatre fois moins de chances de réussir que les autres, c’est la proportion la plus élevée des pays de l’OCDE.

Il n’y a pas de différence entre les performances moyennes des filles et des garçons en culture mathématique dans 16 pays de l’OCDE. C’est le cas de la France, alors qu’en 2012 le score des garçons y était supérieur à celui des filles. La performance des garçons est supérieure dans 14 pays, celle des filles uniquement en Finlande.

L’enquête PISA identifie aussi ce qu’elle nomme les élèves "résilients", c’est-à-dire les élèves qui dépassent les attentes liées à leur milieu socio-économique en termes de résultats. La France se situe légèrement en dessous de la moyenne des pays de l’OCDE (29%), avec près de 27% d’élèves défavorisés considérés comme résilients.

Le nombre de redoublants en France a significativement diminué depuis 2003, mais reste toujours élevé, avec 22% des élèves de 15 ans qui ont redoublé au moins une fois au cours de leur scolarité (soit le double de la moyenne des pays de l’OCDE).

Les tests PISA

Préparés par un groupe d’experts internationaux chargés de concevoir des questions et des exercices qui évitent d’avantager les élèves de tel ou tel pays, les tests PISA présentent trois caractéristiques qui expliquent leur succès :

  • un éloignement des programmes scolaires pour évaluer les compétences générales des élèves âgés de quinze ans ;
  • une limitation à trois enseignements fondamentaux (langue maternelle, mathématiques, sciences) afin de faciliter les comparaisons ;
  • des résultats compréhensibles pour les autorités comme pour le grand public.

Si ces tests eux-mêmes ne sont guère contestés, c’est plutôt l’esprit général des compétences évaluées qui est discuté en France.

En mathématiques, l’OCDE évalue les capacités des élèves à mobiliser leurs compétences dans des situations de la vie quotidienne, ce qui est très éloigné des programmes de mathématiques du collège en France, plus abstraits.

En compréhension de l’écrit, les tests sont basés sur une grande variété de supports (ouvrages, presse, documents divers, etc.) alors que les élèves français sont peu habitués à ce type de textes, l’apprentissage de la lecture et de la maîtrise de la langue étant largement fondé sur la découverte et la pratique de textes littéraires. De plus, les élèves français semblent avoir des difficultés à avoir une vision globale d’un texte, ce que certains attribuent à un enseignement trop linéaire et trop analytique des textes en cours de français, enseignement qui suit la progression du texte et s’appuie sur le sens établi par avance par le professeur.

De façon plus générale, on note que les élèves français éprouvent des difficultés à mobiliser leurs connaissances et à exercer leur esprit critique pour affronter des situations qui sortent des habitudes du travail scolaire.

Les résultats PISA obligent de plus en plus les responsables de l’éducation nationale à tenir compte de leurs enseignements. Pour autant, il serait vain de transformer les enseignements, comme le font de nombreux pays, afin de les adapter aux tests PISA de façon à améliorer les scores obtenus lors des évaluations triennales.

Pour la première fois en 2015, l’évaluation a été entièrement réalisée sur un ordinateur par les élèves dans tous les pays de l’OCDE. Les exercices passés par les élèves ont été "dématérialisés", c’est-à-dire adaptés pour une passation informatique utilisant le clavier et la souris. Les élèves avaient en outre la possibilité de s’aider d’un brouillon de papier. Une calculatrice ainsi qu’un éditeur d’équations simplifié étaient disponibles sur l’interface.

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