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Les événements extrêmes, une conséquence du changement climatique ?

le 8 09 2017

Illustration Doc'en Poche - Entrez dans l'actu

Chaque semaine, une question extraite de la collection Doc' en poche « Entrez dans l'actu » sur des sujets d'actualité pour démêler le vrai du faux.

Question extraite de : "Parlons climat en 30 questions", Christophe Cassou et Valérie Masson-Delmotte (2015), disponible à La Documentation française

Une question de statistique

Les événements extrêmes reflètent les fluctuations les plus rares de la variabilité climatique. Ils sont de nature très diverse (précipitation diluvienne localisée, seuil de température caniculaire franchi pendant plusieurs jours consécutifs, tempêtes, etc.). Leurs effets sociaux, économiques et environnementaux sont généralement très importants. Pris de manière isolée, un événement extrême ne peut être directement attribué à un forçage en particulier. Pour déterminer l’influence anthropique, on évalue comment les propriétés statistiques des extrêmes, telles leur récurrence, leur intensité, etc., sont modifiées, et quels sont les mécanismes physiques qui, sur fond de climat plus chaud, favoriseraient leur développement ou accentueraient leurs répercussions.

Quelques pistes

On observe depuis 1950 une hausse significative et généralisée du nombre de jours très chauds à l’échelle planétaire (canicule en 2003 et 2015 sur l’Europe de l’Ouest, en 2010 en Russie, etc.), et, symétriquement une baisse notable du nombre de jours très froids. Les événements de fortes précipitations sont plus fréquents et plus intenses, dans certaines régions. Même si leur attribution formelle reste encore difficile, ils sont cohérents avec une intensification du cycle de l’eau et une augmentation de la vapeur d’eau atmosphérique en climat plus chaud.

Tempêtes et cyclones

>>> Ces 30 dernières années, on a observé que les cyclones tropicaux et les tempêtes des latitudes tempérées étaient plus fréquents et plus intenses. Toutefois, ce constat n’est pas attribuable aux forçages anthropiques. Par exemple, dans les Caraïbes, l’intensification de l’activité cyclonique depuis 1995 est associée à l’oscillation multi-décennale de l’Atlantique (AMO) alors que l’augmentation des tempêtes sur l’Atlantique nord et l’Europe correspond aux fluctuations de l’oscillation nord-atlantique. Les conséquences de ces événements sont toutefois démultipliées par les effets du changement climatique (élévation moyenne du niveau des mers, etc.).

Les événements extrêmes en France

>>> Depuis une trentaine d’années, la diminution des extrêmes froids se matérialise par une baisse très significative du nombre de jours de gel ( 3 jours de moins par décennie) alors que 80 % des stations enregistrent une hausse du nombre de jours de vagues de chaleur. La surface du territoire métropolitain affectée par une sécheresse agricole a crû de manière sensible depuis 1960 avec trois épisodes très secs depuis le début du XXIe siècle (2003, 2005, 2011).

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